Nous vivons dans une société d'émotion qui privilégie l'esthétisme et l'apparence. Les plus primaires envies sont maintenant de posséder, d'avoir, de maitriser... Qu'importe les effets, pourvu que cela nous transporte au comble de l'émotion ! La photographie est un miroir de cette tendance. Mais dans un second temps, elle peut aussi se servir de son aspect esthétique pour soulever des interrogations...
Les images figent les choses que ma conscience n'a peut-être pas le temps de saisir. En fixant la réalité, l’image rend compte d’un fait inéluctablement passé qui s’offre à l’esprit dans une compréhension souvent nouvelle et innovante. Ainsi pour moi, la photographie est une occasion de coupler l'émotion à la réflexion.
Chaque reportage est donc né d’une réflexion personnelle sur les hommes et la nature qui m’entourent. Mes premières envies photographiques ont été de comprendre la relation entre un grimpeur et le rocher. Le reportage sur l’escalade retient mon attention depuis 2004, et illustre une de mes passions les plus viscérales. Parallèlement, je réalise un travail sociologique et déroutant sur les harkis de Lodève marquant l’identité culturelle de cette petite bourgade du Sud de la France. Désireux de participer à une action humanitaire, je m’exile au Mexique en 2006 grâce à l’association EspoirChiapas. Au terme d’un voyage de six mois dans les communautés Tzotziles de las Abejas au Chiapas (les abeilles), les indiens m’ouvrent alors les portes d’une réflexion à la fois simple et profonde sur le développement des sociétés humaines. De retour en France, je m’aperçois que ce ne sont pas les hommes les plus riches qui sont les plus heureux ! En 2008, au cours d’un voyage en Chine, je suis frappé par une étrange atmosphère de fatalité qui règne dans ce Shanghaï en chantier (part 1). Les vieux quartiers chinois que l'on « appelait » Hutong disparaissent rapidement du paysage citadin. Les populations sont bien évidemment déstructurées et relogées, loin du centre de la ville, dans d'innombrables immeubles qui attendent d'être remplis. Entre destructions et constructions, tradition et modernité, je tente alors de photographier ce paysage urbain contrasté qui m’effraie plus qu’il ne m’attire. Une forêt de ciment (part 2) émerge alors de ce sol trop fertile, illustrant à juste titre ce pays tourné vers le futur qui cherche à oublier son passé. Rencontre après rencontre, au fil de ces voyages qui déconstruisent et reconstruisent le voyageur, l’image me donne la possibilité de réfléchir sur ces hommes et ces paysages. Le sens de l’image me dévoile souvent la fragilité humaine, car notre monde, aussi esthétique soit-il, n’en est pas moins éphémère. De retour à Poitiers depuis quelques temps, je réalise un travail réflexif sur les vitrines de magasins du centre-ville dont le but est de susciter le désir de consommation. Ci-contre, voici les premiers tirages d'une prochaine nouvelle galerie : Le mannequin qui voulait être un homme.
En somme, la photographie m'aide à comprendre le monde, et ce que nous en faisons ! A travers ces reportages, je souhaite susciter une envie toute simple de réfléchir à nos actes dans le respect de l’autre, mais aussi de cette terre, qui souffre de devoir nous supporter, car « une croissance illimitée n’a pas de sens dans un monde limité » Edgar Morin
Je vous présente mon travail photographique. Voici mon regard sur les choses...
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Samuel Brault
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